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20th Century Boys

par Auray le dim. 21 févr. 2021 Staff

Un autre ami

Ça fait au moins la troisième ou la quatrième fois que je lis 20th Century Boys. Déjà, parce que la trame scénaristique de Naoki Urasawa n'est pas manichéenne. De plus, cette histoire de fin du monde est celle que tout le monde a déjà rêvé au moins une fois avec ses amis, comme notre héros Kenji. D'ailleurs, il est passé où celui-là ?

Et, quand je tourne les pages de ce récit fébrilement, comme lors de la première fois, il y a presque vingt ans déjà, je me surprends moi-même. Il s'agit bien ici d'une œuvre intemporelle qui mérite toutes ses récompenses. Dans ce volume cinq, on met en avant les personnes au Japon qui sont des laissés-pour-compte. Il s'agit soit des personnes vivant dans la rue, soit les fameux yakuzas, ou même des personnalités atypiques comme ce nouveau personnage de prêtre. Kanna y a son rôle bien entendu, et d'une manière assez agaçante pour ceux qui n'ont jamais eu de chance jusqu'à maintenant aux jeux de hasard ! Ici, elle ne découvre pas ses pouvoirs, loin de là, mais elle en abuse jamais au quotidien. Et c'est tout à son honneur, d'ailleurs, la foule va vite le comprendre et déplacer des montagnes à ses côtés. Ce ne sera pas de trop face à cette secte diabolique, prête à dominer le monde en voulant tuer ne serait-ce que le chef religieux suprême, le Pape ! Un petit aparté : qu'est-ce qu'il est bien dessiné !

À ce niveau, les dessins sont clairs, malgré les nombreux personnages, et, les scènes importantes nous montrent des cadres parfaits, mettant du grandiose dans une écriture déjà très travaillée. Les membres de la bande à Kenji ont des rôles plus particuliers ici, ils sont en arrière de la scène actuelle, pour mieux y faire tomber le traitre, et bien sûr, pour mettre plus en avant leurs plans plus tard. Les images en couleurs issues du passé sont des plus jolies, et je vous défis de ne pas vous arrêter un instant devant celle-ci, malgré l'emprise du déroulement de cette histoire sur vous.

Sinon, la deuxième partie présente de façon efficace et inquiétante un autre pote de Kenji. Il a toujours été là, effacé, mais participant à sa manière au mythe de la secte d'Ami. Celle qui le découvre, Kyôko Koizumi, est toujours aussi drôle, avec le sort qui s'acharne toujours à son encontre. D'autre part, on apprécie également une des nombreuses ramifications, ici avec Kanna. Effectivement, elle se trouve dans le même établissement scolaire. Vous verrez aussi que le cliffhanger de fin appartient à cette dernière.

Juste une précision, je rappelle ici que toute l'oeuvre a été relu et coordonnée par le responsable de la collection. J'y ai tout de même vu une grosse faute, vous allez peut-être me dire que moi aussi, malgré ma chasse permanente, on peut en trouver dans mes textes. Mais ici, je trouve que justement, il aurait fallu être plus « perfect », comme il était promis ! C'est le moment où Sadakiyo finit de raconter sa première rencontre avec Ami, il est écrit « Il m'a appris des choses que je n'aurais jamais suES sans lui... ».

Malgré ce petit bémol, car, c'est juste sur le moment que l'on a mal aux yeux pour la langue française, mais cela ne gâche en rien l'oeuvre ultime à ce jour de Naoki Urasawa. Vous l'aurez compris, ce volume cinq est toujours aussi prenant. Il est comme un jeu de hasard de Kanna, et puis, il a autant de classe que Tonton Otcho, et cette fois, on a envie de vite de rien laisser passer comme Kyôko. À la fin, on aura du mal à sortir de ce livre, la tête un peu ailleurs, comme Sadakiyo. Bref, on a tous un peu en nous quelque chose des personnages de Naoki Urasawa, ce qui en fait bien une œuvre universelle qui mérite exposition.

En bref

« C'est la suite du cahier de prédictions... »

9
20th Century Boys
Positif

L'histoire est formidable

Les personnages y sont incroyables

La qualité de cette édition est superbe

Negatif

Une erreur d'orthographe comme celle-là, c'est déjà de trop pour une deuxième relecture, et surtout, pour une édition « perfect ».

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